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Le château

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Le château de Labeaume

Chateau_labeaumeVers la fin du 1er millénaire, après les grandes invasions, les rois ne suffisent plus à la défense du pays.

Les grands propriétaires, ceux que l’on appelle déjà les « seigneurs », se mettent en devoir de se défendre eux-mêmes en faisant construire des camps retranchés derrière d’épaisses murailles.
Le pays commence à se couvrir de châteaux forts.

Très vite, Labeaume voit naître un château sur un point haut, donc stratégique, inaccessible et invulnérable. On peut apercevoir des vestiges de la base d’une enceinte maçonnée du XIIème siècle comportant des trous de boulin, surmontée de murs du XVème siècle, tout autour de la roche réutilisée comme mur de terrasse.

Le château, accroché solidement à ses falaises abruptes percées de grottes refuges convoitées depuis des temps immémoriaux, est accessible uniquement du côté nord, par un étroit passage que surveillait une meurtrière de XVIème siècle (encore visible), permettant de tirer à l’arc, à l’arbalète, ou à l’arquebuse en toute sécurité.

Labeaume_Village_tourasseOn devine aussi deux points d’appui sur des rochers avoisinants. Ces postes de surveillance viennent renforcer sa défense.
Sur un coté quelques rares vestiges de construction maçonnée se dressent au dessus de la rivière. Sur l’autre côté l’on aperçoit les vestiges de la tourrasse, autre point d’appuis de surveillance. C’est aussi le vestige d’une ancienne tour carré, en belle appareillage régulier. Seul subsiste l’angle nord-est de cette construction. L’accès se faisait au niveau du 1er étage qui est encore percé d’une archère et d’une baie géminée. Cette tour présente plusieurs réutilisations : la partie la plus ancienne du XIIème, la plus récente du XVème et la partie moderne du XXème.

Un bourg castrale en partie troglodytique s’étalait tout autour de ces châteaux.

Au sortir du Moyen Age, l’évêque de Viviers exerce sa suzeraineté sur Labeaume. Des familles puissantes se constituent des seigneuries étendues ou multiples. Ainsi Guillaume, seigneur de Sampzon coseigneur de Labeaume. On disait la Balma-soubz-Sampzon, non pour des raisons de lieu géographique mais de rang de possession. Ce personnage aurait été le fondateur de la lignée des de la Baume

Des 1288, on dénombre huit coseigneurs.
Ceux-ci se partagent la seigneurie de la baume, dans des proportions diverses. L’un deux, Raymond de La Baume en possède un douzième seulement, en 1305.
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L’un va très vite prendre la suprématie sur les autres, et la gardera jusqu'à la révolution, Dragonnet de Joyeuse. Le 18 mars 1302, les coseigneurs lui rendent hommage comme seigneur supérieur du château.

Cette seigneurie demeure, au fils des siècles, la propriété du duché de Joyeuse, fief de la maison de Rohan-Soubise. Peu de temps avant la Révolution, la comtesse de Marsan, héritière des ducs de Joyeuse, décide de vendre la plupart de ses biens en Vivarais afin de payer les dettes de son fils.
La seigneurie de La Baume, le château, les moulins, les terres et autres avantages seigneuriaux se trouvent cédés pour la somme de 133 250 livres à J.L. Tardy, fils de Jean Fleury Tardy de la Brossy (nom de Montravel), receveur des gabelles, (impôt sur le sel) à Joyeuse. Cette acquisition, lui confère le titre de seigneur de la Baume.

Il se montre déjà assez puissant pour figurer parmi la délégation de la noblesse aux Etats Généraux du Bas-Vivarais, tenu à Villeneuve-de-Berg en 1789, où il sera représenté par Jean-Louis Damien Tardy de la Baume, son fils.

Source : " Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Labeaume sans jamais oser le demander ", 2001
Georges Beaulieu